Courtyard Housing

Immeuble de logements à cour centrale, ce bâtiment offre une réinterprétation des codes ruraux. Sa toiture lisse et sculpturale définit une articulation complexe de volumes fidèles à l’échelle locale.

Comment insérer un immeuble de logements au sein d’une zone village ? Tel est l’enjeu de ce projet résidentiel à Eysins. Avec sa cour intérieure et ses toits à pignons, Courtyard Housing réinterprète les éléments fondamentaux de l’architecture locale afin de densifier le tissu rural sans en oublier le contexte.

Le bâtiment s’articule autour de quatre axes. Une composition subtile, pensée avant tout pour favoriser les pignons, sous lesquels on peut aménager de grandes fenêtres et favoriser l’apport en lumière naturelle. Sans lucarnes ni velux, la toiture se veut lisse et uniforme, son apparence sculpturale renforçant la cohésion entre les différents volumes.

La forme du projet résulte cependant d’une quête contextuelle, et non plastique. Les façades, légèrement pliées, s’intersectent à angle obtus pour modifier la perception du regard afin que le bâtiment paraisse plus petit que ce qu’il n’est en réalité. Ainsi, le passant ne le perçoit jamais dans son entièreté mais sous forme de petits volumes répondant à l’échelle locale. L’implantation, quant à elle, évite les vis-à-vis avec l’environnement proche et privilégie les dégagements, notamment sur la façade sud où les habitants bénéficieront d’une vue de premier plan sur les Alpes.

Elément phare du projet, la cour intérieure rappelle les petites cours de bourg. A l’écart de la rue, cet espace central se veut perméable. Les deux passages couverts y menant rassemblent des aménagements partagés, témoins d’une aspiration au vivre ensemble. La cour possède une identité visuelle forte et se distingue, par sa matérialité, des façades extérieures très minérales. C’est aussi le lieu d’accès à tous les logements, les cages d’escaliers étant maintenues volontairement en extérieur pour participer à la vie en collectivité. Enfin, la cour garantit un apport en lumière naturelle conséquent pour des typologies d’appartements traversants, voire tri-orientés.

Chaque appartement de 2 à 5 pièces s’organise autour d’une loggia. En lieu et place d’un balcon, rare en milieu rural, la loggia intériorise les espaces extérieurs et offre un espace vitré sur trois faces. En plus de garantir plus de lumière au logement, ce dispositif permet de développer des aménagements dits en baïonnette, soit une succession d’espaces en diagonale pour des pièces généreuses et une organisation spatiale de qualité.

« La forme du bâtiment permet de réagir au contexte environnant tout en préservant la qualité des logements. » 

Programme : 30 logements locatifs

Lieu : Eysins, Vaud

Client : Privé

Date : 2019 -

Coût : Confidentiel

Statut : En cours

Equipe : Maxime Lécuyer, Mélanie Barrault, Céline Carrière, Mona Clavreul, Andreea Druga

Crédit photo : © FdMP